Les “100 kms de Millau” de Naim Combo

Les “100 kms de Millau” de Naim Combo

Naïm Combo est un athlète licencié au CLUB TCHIMBE RAID, ultra-trailer et marathonien, il a décidé avec quelques amis de découvrir les joies du 100 kms le plus renommé de France : 100 km de Millau

“Ma préparation s’est déroulée sur plus de 4 mois sans problèmes particuliers. Malheureusement, 3 jours avant la course je m’enrhume, je mets ça sur le compte d’un stress d’avant course pour me rassurer mais je sens que la forme n’est plus là, pas comme avant les marathons de Berlin, Montpellier, Madrid etc..

MILLAU, SAMEDI 29 SEPTEMBRE 2018, 10H00

Le matin de la course, je me réveille, je mesure mon rythme cardiaque, il indique +20 bpm par rapport à la normale… le drame je me dis que ce n’est pas possible. Mais il va falloir faire avec, vu qu’en dehors de ça, je n’ai pas de douleurs particulières.

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L’Aveyron est situé dans la région Occitanie, dans le sud-ouest de la France. (Crédit Carte : Trace de Trail)

Le parcours de la course: https://tracedetrail.fr/fr/trace/trace/1393

Je démarre la course comme je l’avais prévu à un rythme entre 5mn30 et 5mn au kilo. Jenny (alias ma doudou d’amour), qui fait mon assistance, est aux petits soins, très réactive, bien à l’écoute c’est top ! Je cours avec ma flasque à la main, vieille habitude qui me rassure et au départ je bois environ 50cl tous les 10km puis avec la chaleur ça devient tous les 7.5km pour finir par 50cl entre tous les ravitos soit tous les 5km. Je prends aussi régulièrement mes compotes toutes les 30mn environ. Au bout du semi, je prends du coca aussi, j’en reprendrai au 50eme et au 72eme environ.

J’ai aussi mes crocos, pour le salé j’ai des cacahuètes, des noix (ce n’était pas l’idée du siècle), des chips de bananes (ça c’était top).

profil_100km_millau
Le profil de la course (Crédit : 100kmdemillau.com)

Je regarde mon gps, je cours à 5mn10 de moyenne et mon cardio est à 170bpm je sais pertinemment que ça ne marchera pas cette histoire, je me connais mais je suis têtu et j’essaie quand même de garder le rythme (pour vous donner une idée, en Martinique avec un taux d’humidité bien plus élevé à 5mn10 au kilo je devrais être autour de 155bpm). Je suis inquiet car je sais que j’entame mes réserves. A l’entrée dans Millau vers le 38/40e je sens que ça ne va pas, mon allure ralentit inexorablement mais je ne veux pas marcher. Je vois Lulu à l’entrée du Parc de la Victoire, je suis cadavérique, je me demande comment je viens bien pouvoir finir la course. Je passe le marathon en 3h55 environ.

CHRONIQUE D’UNE GALERE !

Je commence à avoir des soucis gastriques et ai besoin de faire un arrêt technique dans un bar.

viaduc de Millau
Le viaduc de Millau est un pont à haubans franchissant la vallée du Tarn, dans le département de l’Aveyron, en France.

Je me remets à courir, je me sens un peu mieux, je reprends une allure autour de 6 au kilo. J’attaque la côte sous le viaduc en me disant que ce n’est pas le Maïdo tête dure alors je peux la faire en courant sans marcher, sauf qu’elle est longue cette saleté de côte, bref je marche en essayant de garder un bon rythme.

Naim Combo au km 50
“j’arrive au 50km en 5h, mais je suis cramé.”

Quand la pente s’adoucit, je me remets à courir, j’arrive au 50km en 5h, mais je suis cramé. Plus rien, nothing, nada, pa ni ayen, je suis kapout. Je m’assois, je vois les gens me doubler, me demander si ça va, Jenny est à mes côtés mais impuissante face à ma détresse. J’essaie de repartir mais impossible de courir, mes jambes ne veulent rien entendre même marcher me saoule.

J’essaie d’analyser ce qu’il m’arrive, hydratation je suis bon, je bois vraiment régulièrement, le sucre entre les pompotes et autres crocos c’est bon, le salé…c’est certainement là que ça cloche, et c’est vrai que le goût de l’eau de ma flasque ne me plait pas, ça ressemble à de l’eau du robinet, je demande à Jenny, elle me confirme qu’aux ravitos, ils ne l’autorisent qu’à remplir les flasques avec de l’eau du robinet.

Ok donc je n’ai plus d’apports de sels minéraux depuis quelques temps, bref je vais tourner qu’à la St Yorre jusqu’à la fin de la course. Après 15mn à galérer, Je repars, au ravito je prends 3 verres de St Yorre et je demande à Jenny d’insister pour remplir mes flasques à la St Yorre. Je ferai l’impasse sur toute la partie solide des ravitos et je me contenterai de mes cacahuètes et chips bananes pour le salé.

 

 

 

QUE C’EST BON DE RENCONTRER LES COPAINS D’ENTRAINEMENT : LES MABOULES !!!

Petit à petit, je reprends du poil de la bête, mais je n’arrive pas à courir plus vite que 6mn15 au kilo. Quand on attaque la grosse montée avant la descente sur St Affrique, je sens que je ne pourrai pas les faire en courant sans risquer de me cramer encore, du coup je fractionne au début 2mn en courant puis 2mn en marchant vite puis j’augmente à 5mn/2mn.

Ça se passe très bien, je redouble des gens en montée, le moral revient même si j’ai déjà tiré une croix sur mon objectif qui m’a mis un gros coup au moral malheureusement. La descente sur St Affrique je déroule, je lâche même du 5mn30 au kilo !!! Je repars de St Affrique dans la montée je croise Bip bip et Marc, je suis trop content, on se check, en fait ils ne sont pas très loin de moi, je me dis qu’elle gaze bien, par contre je n’ai pas vu Alex.

Sur la montée, je garde mon rythme de fractionné, ça marche bien et je viens de valider ma prochaine méthode pour les côtes sur les ultra longues distances. Je redescends ensuite mais là, mes jambes n’arrivent plus à dérouler, ça t’apprendra Naïm à ne pas vouloir faire de renforcement musculaire, tu es trop bête ! En bas de la côte je croise Nadia, trop cool, qui va attaquer la terrible montée et descente vers St Affrique et quelques minutes plus tard, je croise Copine (alias coach Frédy). Je suis très content de les voir et me dis qu’elles ont du mérite ces 2 maboules là, car elles vont finir pendant la nuit.

Sur le plat, je fractionne 9mn/1mn, j’avais lu quelque part que pour ces longues distances c’est une des méthodes qui marchent bien car en effet tu cours plus vite en fractionnant qu’en courant au même rythme, je n’y croyais pas trop avant mais ça a l’air de le faire en fait. C’est con mais j’apprends énormément de ce 100km. J’en bave malgré tout, mais je sais que je finirai. Je franchis la ligne d’arrivée, au passage, j’ai sprinté sur la fin, j’ai fini en mode pilote auto, j’ai doublé un gars sur la ligne lol.

 

“J’ai fini, je suis content, fatigué mais aussi déçu de ma prestation”

J’ai fini, je suis content, fatigué mais aussi déçu de ma prestation. Je sais que je vaux mieux mais c’est clair que si tu ne le montres pas le jour de la course, personne ne te croira !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

BILAN

Avec le recul, j’ai commis plusieurs erreurs, me sachant diminuer j’aurais dû revoir mon objectif au lieu de m’obstiner à vouloir faire moins de 9h. Je n’aurais pas dû manger un œuf dur ni des noix pendant la course. J’aurais dû détecter plus tôt que ce n’était pas de l’eau minérale que je buvais. Après le marathon, j’aurais dû fractionner mon effort en côte, en faisant du 6mn/1mn et le maintenir, c’est ludique je trouve en plus car tu distrais ton cerveau en comptant.

Oui coach, je recommencerai à faire du renforcement musculaire.

Millau est une course à part, entre l’ultra-trail et le marathon, et du coup elle a ses spécificités.

Bref, je suis cent-bornard.”

Page officielle de la course et photo de couverture de l’article : www.100kmdemillau.com Page Facebook :https://www.facebook.com/100kmdeMillau/

Naïm COMBO, Encore merci pour ce témoignage sur les #100kmdeMillau.
Nous espérons te retrouver en Martinique sur la prochaine édition du Tchimbé Raid 2019 !
TOUTES LES INFOS :
https://tchimberaid.com/presentation-tchimbe-raid/

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